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"L'homme-dé" de Luke Rhinehart

Tout ce qui touche au microcosme du jeu de rôle.

Modérateur: Asmis

"L'homme-dé" de Luke Rhinehart

Messagepar John Marguerite » 26 Mai 2009 10:52

Je viens de finir ce roman, dont l'auteur a pour véritable nom George Powers Cockcroft.

Le texte se présente sous la forme d'une autobiographie écrite par un psychiatre américain, dont la vie semble un exemple de réussite professionnelle et personnelle : reconnu et estimé dans son métier, vie confortable, femme aimante, deux enfants.

Un soir cependant, Rhinehart décide de jouer chacune de ses futures décisions aux dés : il rédige un certain nombre d'options au préalable et laisse ensuite le hasard faire son oeuvre

Toute la suite du roman repose sur les conséquences de ces choix.

Je n'en dis pas plus pour vous laisser découvrir les motivations de Rhinehart.

Ou plutôt, je vous propose une petite devinette : quelle première décision lui font prendre les dés ?
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Re: "L'homme-dé" de Luke Rhinehart

Messagepar Julius » 26 Mai 2009 13:49

John Marguerite a écrit:Ou plutôt, je vous propose une petite devinette : quelle première décision lui font prendre les dés ?


Ecrire un livre ?
Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet.

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Messagepar John Marguerite » 26 Mai 2009 14:21

Non, mais bien vu quand même, car c'est une des décisions qu'il va jouer au dé.

Pour mettre dans l'ambiance, sa première décision, il la prend tard, un soir, alors que ses amis viennent de quitter son appartement après une soirée à jouer au poker.

Ca n'est pas à proprement parler un indice, mais c'est pour un peu se représenter son état d'esprit : sa décision n'est pas préméditée.
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Messagepar nicolas » 26 Mai 2009 15:31

Aller à la rencontre des travailleuses du plus vieux métier du monde?
Paire, il y va. Impaire, il n'y va pas.

Sinon, dans le roman, il utilise quel type de dès pour ses prises de décisions? Les classiques d6, ou il découvre d'autres dès bizards?
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Messagepar John Marguerite » 26 Mai 2009 16:07

Non plus, mais on se rapproche !

Indication supplémentaire : le soir où il prend sa décision, c'est parcequ'une colère née d'une frustration est montée en lui.

Sinon, il utilise au départ 1 dé 6. Ensuite, le nombre de dés 6 varie en fonction des options.

Les dés sont de couleur verte.
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Messagepar Mespheber » 26 Mai 2009 16:18

Et il prend en compte la courbe de Gauss? :mdr:

A part ce concept, des éléments thématiques plus croustillants pour nous motiver à lire qu'une énièmeexploration de la théorie du chaos? Pour l'instant, je pense un peu trop à Double-Face, un ennemi de Batman qui prend toutes ses décisions par pile ou face, pour être plus motiv que ça.

Y a t'il une relation au JdR, vu le coin thématique où est situé ce sujet?
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Messagepar Silver Surfer » 26 Mai 2009 16:20

Il se rend compte qu'il n'y a jamais eu un peu de "folie" dans sa vie : il a toujours fait ce qu'on lui a dit de faire, était bon élève, enfant modèle, doué voire surdoué. Il ne boit pas, ne fume pas et n'a jamais touché à la drogue. Bref, il doit souffrir d'être parfait.
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Messagepar John Marguerite » 26 Mai 2009 17:05

Effectivement, ce soir-là, il est un peu plus mécontent encore qu'à l'accoutumé de se résoudre à ce qu'il nomme "un malheur modéré".

La décision vise une personne qu'il connait bien et qui habite deux étages en dessous de chez lui.

A la fin de la soirée poker, lorsque ses amis sont partis, il cherche depuis quelques minutes en vain un dé pour le ranger quand il réalise enfin qu'il est caché par une carte de jeu, posée en biais sur l'une des arêtes du cube.

C'est alors qu'il se surprend à penser très fort : si c'est un 1, je ...

Sinon, contrairement à Double-Face, l'homme-dé ne souffre d'aucun traumatisme. C'est même à la base une personne franchement banale et pas très courageuse, même si sensiblement plus intelligente et cultivée que la moyenne.
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Messagepar Azathoth » 26 Mai 2009 22:38

John Marguerite a écrit:(...)
C'est alors qu'il se surprend à penser très fort : si c'est un 1, je ...
(...)

....relance discrètement en espérant que le MJ n'ait rien vu.

Ou alors il va aller lui avouer un secret inavouable (Si, c'est possible), du genre: "J'ai couché avec ta femme", "Je suis ton père", etc.
Il est temps de botter des culs et de mâcher du chewing gum ! Et je suis à court de chewing gum...
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Messagepar John Marguerite » 27 Mai 2009 10:11

"J'ai couché avec ta femme"

C'est quasimment ça !

En fait, le 1 est bien sorti, et Rhinehart est donc descendu deux étages plus bas pour avouer à la femme de son meilleur ami, absent ce soir-là, son désir la violer.

Au terme d'une courte discussion reflétant l'embarras des deux personnages, un viol sans violence est finalement perpétré, la demande ayant été exprimé somme toute fort civilement.

La suite du roman ? Quatre cent pages souvent drôles, parfois brillantes, mais aussi un profond malaise, que Rhinehart résume à peu près ainsi dans sa préface (la citation est approximative) :

"On dira que ce que je raconte est l'oeuvre d'un fou. Qu'il en soit ainsi : s'il en était autrement, cela voudrait dire que j'ai échoué".

Car en fait, ce qui est en jeu dans ce livre, c'est la destruction de l'identité et des limitations du moi pour accéder à toutes les palettes des sentiments et du comportement humains, des plus admirables aux plus monstrueux.

Or, au bout de cette quête, il y a la destruction assumée de la civilisation, puisqu'il n'y a plus d'interdits ni de modèles.

Plus exactement, il y a un nouveau dieu à adorer : le hasard (et l'homme-dé est son prophète).

Etrange cheminement que celui qui conduit Rhinehart à renier tous les impératifs moraux qui le constituaient pour se soumettre au culte d'une nouvelle idole.
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