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Institut Rôliste de Formation des Maîtres

Tout ce qui touche au microcosme du jeu de rôle.

Modérateur: Asmis

Institut Rôliste de Formation des Maîtres

Messagepar John Marguerite » 21 Oct 2009 11:10

Imaginons ce que pourrait produire comme contenu pédagogique un Institut Rôliste de Formation des Maîtres (IRFM)

Un cauchemar comme celui-ci ?

« Les techniques d'observation directe et vidéo, notamment pendant les périodes d'expression libre [dans la salle de jeu], ont permis d'objectiver un besoin d'attachement groupal compulsif dont la forme et le déroulement sont spécifiques des [conventions] difficiles de [rôlistes]. On assiste durant ces périodes de jeu spontané à une véritable chorégraphie de groupe où chaque [joueur] est l'objet de contacts corporels successifs, distribués dans l'espace intime de chaque membre du groupe (...) Ainsi, dans un intervalle de temps limité, chaque [joueur] est contacté plusieurs fois par l'ensemble des [joueurs] [de la salle] selon une distribution précise et régulière. Ces contacts sont saturés en interactions motrices de percussion agressives simulées, de contacts préhenseurs enveloppants, de fantaisies ludomotrices, de postures inversées et contorsionnées, associées souvent à des phénomènes d'entassement et de grappes groupales. Cet attachement groupal compulsif diffuse souvent dans les parties structurées des séances, et notamment pendant les périodes d'attente ou d'apprentissage de l'activité [jeu de rôle]. Ce comportement groupal est atténué ou absent durant les périodes d'apprentissage [du système de jeu], en début de séance. Cette chorégraphie de groupe est souvent sanctionnée par les [MJs], car elle est vécue comme un véritable délire moteur (...) Ces manifestations groupales ne s'accompagnent jamais de plaintes, de refus ou d'accidents, malgré les importantes prises de risque. Cet attachement groupal n'est pas violent, il est compulsif. Cette compulsivité groupale s'accompagne en effet d'un accordage interactif collectif dont la précision du fonctionnement surprend. La comparaison des données étho-cliniques montre que plus l'attachement groupal compulsif est fréquent et intense, moins l'accordage interactif codé nécessaire à la pratique du [jeu de rôle] est intériorisé par les [rôlistes]. »


Précision : le texte original parle de l'enseignement du judo dans une classe difficile de REP. Ce n'est pas une plaisanterie, cela a vraiment été écrit sérieusement.

Avez-vous déjà eu peur d'une telle récupération du jeu de rôle par des pédagogues fous ?
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Messagepar XIII » 26 Oct 2009 14:43

Je pense pas que des pédagogues fou se penchent sur le jeu de rôle de si tôt.

Toutefois, un discours technique décrivant une séance de judo, que j'ai pratiquer il y a longtemps, me parait pas très "grand publique", mais plus destiner à un petit groupe d'expert.

C'est vrai de beaucoup de métier à "jargon", vocabulaire et phrase toute faite. Obscure pour le profane mais très clair pour l'initier.

Globalement, je n'ai pas peur des personnes qui utilise un "jargon" je me contente de les arrêter pour qu'il m'explique les notions qu'il me manque. Cela permet de comprendre de quoi parle un spétialiste dans certain domaine (médecine, science diverse... etc).
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Re: Institut Rôliste de Formation des Maîtres

Messagepar Meta » 26 Oct 2009 15:36

John Marguerite a écrit:
Avez-vous déjà eu peur d'une telle récupération du jeu de rôle par des pédagogues fous ?


Non, et d'autant plus que l'IUFM a montré tout au long de ces années de profondes limites. Mais c'est une fausse question, tu sais pertinemment que personne n'a eu déjà cette peur.

Après, ce n'est pas le discours que tu cites qui me gène, mais l'utilisation qui en est faite. En soi, je trouve le discours utile et sans doute vrai. Par contre, s'il s'agit d'apprendre aux profs à construire une séance de judo, il manque totalement son objectif. Le but n'est pas de théoriser mais de trouver des solutions pratiques. Le discours théorique sert à comprendre et, surtout, concevoir (donc il forme des concepts, et en ce sens ne peut pas faire autrement que se constituer comme jargon) ; ici, il ne sert pas un enseignement pratique et efficace.
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Messagepar John Marguerite » 26 Oct 2009 18:03

Je reconnais que quand je parle de "pédagogues fous", je suis un peu dans la provocation (ce qui ne m'empêche pas d'être quand même très remonté contre la pédagogie dite "moderne", qui... enfin bref !)

Cela dit, pour avoir lu pas mal d'ouvrages sur la pédagogie, j'ai déjà été confronté à des concepts tels que la "simulation globale", la "pédagogie actionnelle", le "conflit socio-cognitif", "le théâtre forum"...

La simulation globale est utilisée dans l'apprentissage des langues étrangères, même si elle prétend être utilisable dans toutes les matières. En gros, pour moi, c'est une vaste foutaise doublé d'une insulte à l'esprit puisque la langue y est réduit à une série d'actes de communications.

Mais bon, quoiqu'on en pense, ces notions flirtent plus ou moins avec le concept de jeu de rôle au point que, lorsque tout déraille, c'est le jeu de rôle qu'on incrimine.

C'est exactement ce qui s'est passé dans le traitement médiatique de "La vague", ce film allemand sur une expérience pédagogique en lycée qui tourne au drame : on n'a jamais parlé d'une "simulation globale" mais bel et bien d'un "jeu de rôle" qui tourne mal (grandeur nature ou non selon les articles, mais au diable l'avarice !).

Donc, il est clair que l'expression "jeu de rôle" garde encore une connotation négative et est employé sans discernement par des journalistes en mal de raccourcis.

Dans ce contexte, quoi de plus naturel que de vouloir gagner une respectabilité chez les rôlistes, qu'elle soit artistique ou scientifique ? Réhabiliter le "jeu de rôle" dans les domaines de l'instruction et dans l'éducation à la citoyenneté est certes sur le papier un noble projet.

Et c'est là que, selon moi, un risque de dérapage existe, celui de confondre une partie de jeu de rôle avec l'acte d'apprentissage

Ce risque là, les responsables pédagogiques de la BNF ont su l'éviter en expliquant bien que le JDR sera présent le 5 décembre prochain entre ses murs pour "mettre en jeu les connaissances acquises au cours de la viste de l'exposition ou du site Internet et découvrir les mœurs de la société médiévale à travers les situations proposées".

http://expositions.bnf.fr/arthur/pedago/jeu.htm

"Mettre en jeu les connaissances acquises" : tout est dit, on pourra s'amuser et (re)découvrir, mais on n'apprendra pas puisque les savoirs auront été transmis au préalable.

La raison d'être de mon message est là. Je ne veux pas que es professeurs de français ou d'histoire ou n'importe quoi d'autre voient dans le jeu de rôle plus que ce qu'il ne peut apporter, comme ils ont réussi un jour à croire qu'écrire un roman policier pouvait se substituer aux leçons de grammaire et de vocabulaire.



Ce qui est vraiment formateur, c'est l'activité de Meneur de Jeu, mais du point de vue du joueur, le jeu doit rester le jeu, et la qualité du jeu doit être visée pour elle-même.
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Messagepar Greewi » 26 Oct 2009 18:08

John Marguerite a écrit:Ce qui est vraiment formateur, c'est l'activité de Meneur de Jeu, mais du point de vue du joueur, le jeu doit rester le jeu, et la qualité du jeu doit être visée pour elle-même.
Ça mériterais un autre sujet, mais, le meneur de jeu ne peut pas aussi être vu comme un autre joueur ?
Les choses imaginaires sont.
Elle existent dans nos cœurs.
Nous en ressentons l'émotion
et parfois elles nous font peur.

- Sylvain "Greewi" Dumazet
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Messagepar Mespheber » 26 Oct 2009 18:31

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Messagepar XIII » 26 Oct 2009 22:15

Totalement d'accord, le maitre de jeu est un joueur. Mais son rôle est très différent.

D'ailleurs, rien de pire que de jouer avec un MJ qui s'ennuie non ?
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Messagepar John Marguerite » 26 Oct 2009 22:15

Greewi a écrit

Ça mériterais un autre sujet, mais, le meneur de jeu ne peut pas aussi être vu comme un autre joueur ?


Ah, si, bien sûr !
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Messagepar John Marguerite » 26 Oct 2009 22:45

Je clique sur un des liens de Mespheber et je trouve cette citation :

"Comme l’écrit Philippe Meirieu , les jeux de rôles ne sont pas des « jouets » ou des artifices d’apprentissage mais bien des situations analogues à la réalité".

Et voici, dans le même texte, un exemple "d'analogie avec la réalité", point de départ pour susciter un débat :

« Il s’agit d’une jeune femme mariée, délaissée par son mari trop pris par son métier et qui décide d’aller passer une nuit chez son amant habitant la même ville de l’autre côté de la rivière. Au petit matin, avant le retour de son mari, elle souhaite rentrer chez elle ; mais sur le pont un fou menace de la tuer et l’empêche de passer. Elle demande à un passeur de la faire traverser avec sa barque, mais elle n’a pas d’argent pour payer, il refuse catégoriquement. Elle retourne demander de l’aide à son amant qui refuse de l’aider sans donner d’explications. Elle va chercher son meilleur ami d’enfance qui refuse de l’aider, car il trouve sa conduite déplorable et immorale ».

Bon, imaginons maintenant que je sois un élève que ce genre d'élucubrations fait bailler : je DOIS, en tant que membre d'un tribunal inventé pour cette séance, prendre la parole pour émettre un jugement moral ou pénal sur quelque chose qui n'a pas le moindre début d'intérêt pour moi.

Je fais quoi ? Si je parle, ce sera sous la contrainte, et pour passer mon tour le plus vite possible. Où est la libération de l'expression ? Que vaut ma parole si je ne crois pas moi-même en ce que je dis ? Et que m'importe cette analogie avec la réalité quand je rêve, avec le langage, de la sublimer ?
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Messagepar XIII » 26 Oct 2009 23:00

Pour avoir pratiquer des jeu de rôle en entreprise, en entretien commun d'embauche, en formation, j'en conclus que :

Le jeu de rôle dans le cadre pédagogique et très souvent sur joué (si je m'appuis sur mon expérience) et toute à fait peu réaliste.

Les raisons selon moi :

1 la tache pédagogique biaise le jeu de rôle vue qu'il mets en lumière un scénario d'apprentissage souvent sur-joué par les protagoniste du jeu de rôle.

exemple : Le client faché... Le type qui va le joué va être très faché, voir furieux. J'ai un jour eu une réaction malheureuse en entretien d'embauche... J'ai dit : " Eh, je n'ai pas tuer votre soeur, alors calmer vous bon dieu !". J'ai planter l'entretien...

2 Le scénario peut vouloir mettre en avant une situation ou faire dire une phrase par un des protagoniste (phrase inconnus). Tant que la situation n'est pas débloquer, le pédagogue laisse le jeu de role continuer... et ça c'est pour les spectateur très chiant et pour les protagoniste du jdr très destabilisant... et surtout on s'élloigne de plus en plus d'une situation qui se veut réelle ou "réaliste", pour basculer dans la caricature la plus crasse.

Exemple : Dire "si j'ai bien compris" lors d'une phase de récapitulation... Si vous dite pas ça, le pédagogue n'arrête pas le jeu de rôle...

3 LA spécificité même de l'exercice, à moins de travaillé avec des acteurs, fait que si ton partenaire et timide ou mal à l'aise de parler devant un 10 personnes ça ne donne rien de bon.

Exemple véçu encore : Je fais un client cool et sympas... La futur commercial entre, s'assoie, m'adresse la parole en sanglotant... dur moment à passer.

Donc, oui le jeu de rôle dans le domaine professionnel peut être pédagogique mais en tenant compte d'un tas de paramètres lier à la pratique de celui-ci.

Le jeu de rôle ludique, m'a appris plein de choses, parler à des gens inconnus, mettre à laisse un auditoire, avoir 2 coups d'avances sur son interlocuteur dans une négociation commercial, savoir improvisé, mentir finement, être crédible, posé une ambiance en entretien, calmer les gens, prendre des notes toute en écoutant son interlocuteur, penser à 3 choses à la fois toute en concentrant son attention sur son auditoire et anticipé ces réactions, lire des livres dans un tas domaine différent, improvisé rapidement une solution, trouvé une approche différente de quelques choses.
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